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La seconde vie de Roger Dubuis

La seconde vie de Roger Dubuis

 » Sexy « … C’est le terme entendu face aux plus récentes créations de Roger Dubuis lors du Salon International de la Haute-Horlogerie de Genève. Le très récent horloger commence à se confronter aux plus belles marques suisses.

Roger Dubuis, c’était d’abord un homme. Un horloger hors pair qui a entamé sa carrière à la fin des années 1950 chez Longines avant de parfaire sa formation chez Patek Philippe. Maître de son art, il ouvre son propre atelier en 1980 pour réparer les plus belles montres des collectionneurs, des maisons de ventes aux enchères et des marques horlogères. L’envie de créer son propre mouvement est une conséquence. Il invente un module de quantième perpétuel avec un mode d’affichage bi-rétrograde à la demande du bijoutier New Yorkais Harry Winston. Ce projet, auquel a participé Jean-Marc Wiederrecht, est une révélation.

Discret, le Suisse devait être touché par le destin pour franchir un cap. À 57 ans, il rencontre Carlos Dias, un immigré portugais prêt à avoir sa propre marque. La légende veut que la première collection de montres Roger Dubuis ait été dessinée par Carlos Dias sur la table de la cuisine de Gabriel Tortella, l’homme derrière le Grand Prix d’Horlogerie de Genève.

Le désir marketing de Carlos Dias et l’inventivité de Roger Dubuis fonctionnent. La vision de Dias et la technique de Dubuis marquent les esprits. Dès sa première apparition au SIHH, la collection Roger Dubuis fait parler par la radicalité de ses choix esthétiques et de son savoir-faire. Le jeune horloger s’inscrit dans la tradition du Poinçon de Genève, une signature très haut de gamme délaissée par la concurrence du Canton.

Carlos Dias, lui, a compris que le retour de l’horlogerie mécanique passait par le respect intégral des canons hérités du passé et par la redécouverte d’un savoir-faire multi-spécialisé pas vraiment valorisé par les marques genevoises. Les montres doivent se voir et être travaillées, même les pièces invisibles.

Le Poinçon est davantage qu’un coup marketing, comme le lancement de séries limitées à 28 exemplaires que d’autres copieront. Le travail est insensé pour sortir des modèles toujours plus exclusifs au sein d’une manufacture installée à Meyrin. Car Roger Dubuis a choisi de tout faire au sein de ses murs. Jamais il n’a été question d’acheter des mouvements à l’extérieur. Certaines machines-outils ont été spécialement conçues pour créer ces montres. Sur les dix premières années, une trentaine de mouvements différents ont été créés pièce par pièce. Une dizaine de plus depuis… Du jamais vu !

Une quinzaine d’années après leur rencontre, le divorce est prononcé. Roger Dubuis prend sa retraite dès 2003 et Carlos Dias plie quelques années plus tard sous la pression financière. Son impatience a raison de la fiabilité de ses créations et la crise financière l’envoie dans les cordes. Richemont (groupe omni-horloger) en profite. La manufacture est totalement restructurée, Carlos Dias est éjecté et Roger Dubuis revient comme ambassadeur jusqu’à sa mort l’an passé.

Richemont a assaini la Manufacture. Les montres répondent aux critères de la certification chronomètre COSC (Contrôle officiel suisse des chronomètres), qui s’ajoute donc à celle du Poinçon de Genève. La cadence des innovations techniques est toujours aussi soutenue. Roger Dubuis s’appuie sur un style contemporain audacieux et facilement identifiable. Sexy…

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